Promotion des droits humains en milieu carcéral : le GRAP suscite la réflexion

Promotion des droits humains en milieu carcéral : le GRAP suscite la réflexion

Le Groupe de Recherche et d’Actions sur le Pénitentiaire GRAP est une association de droit burkinabè œuvrant dans le domaine de la sécurité et des droits humains. Créée le 12 novembre 2018, le lancement officiel de ses activités sous le parrainage de Madame Maminata Ouattara,  ministre des droits humains et de la promotion civique a eu lieu ce samedi 11 mai 2019 à Ouagadougou  sur le thème « Nouveau code pénal du Burkina Faso : quelle contribution à la promotion des droits humains en milieu carcéral. L’institut Supérieur de l’Eau, du Bâtiment e de l’Energie (ISEBE), école partenaire de la Garde de Sécurité Pénitentiaire (GSP) a marqué sa présence à cette cérémonie.

 

Né il y a à peine 06 mois, le Groupe de Recherche et d’Actions sur le Pénitentiaire GRAP prend déjà son bâton de pèlerin en vue de contribuer à la consolidation de l’état de droit par la protection et la promotion des droits des détenus. Pour ce faire, dans le cadre du lancement de ses activités, trois communications ont été faites parmi lesquelles, les innovations majeures introduites dans le nouveau code pénal et les stratégies pour l’effectivité des droits humains en milieu carcéral.

Une vue des communicateurs

Le conseiller en droits humains  Paul kabré a dans sa communication fait des propositions après avoir essayé de faire un état des lieux de la promotion des droits humains en milieu carcéral. Selon lui, de façon résumée, le milieu carcéral au Burkina Faso se porte assez bien. Il y’a de l’évolution, mais beaucoup de choses restent à faire pour que les détenus puissent jouir de leurs droits notamment en matière d’alimentation, de santé, et d‘infrastructures liées à la surpopulation en milieu carcéral. Surpopulation  due au non-respect de ces dits droits. Paul Kabré estime qu’il est fondamental d’instaurer une normalisation des maisons d’arrêt et de correction au Burkina Faso afin que les différents acteurs puissent davantage être associés à l’élaboration de ces plans architecturaux.

Il a également mentionné la nécessité de travailler au niveau des juridictions nationales à lever les différents mouvements qui ralentissent le traitement des dossiers et appliquer la politique pénitentiaire. Les personnes mises en causes dans les procédures dont une violation flagrante des droits humains ainsi que le suivi post-carcéral des détenus doivent être pris en compte. Le communicateur a déclaré qu’une fois que les détenus bénéficiant d’une liberté franchissent la porte, il n’y pas de suivi. Ce qui explique les nombreuses récidives.

Paul Kabré, conseiller en droits humains

Pour Bob-Zié Wilfrid Méda, juriste, inspecteur de sécurité pénitentiaire par ailleurs  secrétaire exécutif de cette association , le GRAP est une initiative de professionnels, juristes, magistrats, journalistes, psychologues, sociologues etc. qui ont en commun leur intérêt pour un sujet aussi délicat qu’est celui du domaine de la criminalité et celui du pénitentiaire en particulier.  » Il s’agit pour nous de soulever la question avec un regard beaucoup plus sérieux de sorte à pouvoir faire des analyses qui puissent orienter un certain nombre de décisions et aller dans le sens du respect des droits des personnes détenues et contribuer à obtenir bien sûr une société beaucoup plus sécurisée « , a-t-il indiqué.

En ce qui concerne le nouveau code pénal, le GRAP voit les choses sous un autre angle. «  Nous ne présentons pas les choses en termes d’insuffisances. C’est plutôt un débat qu’on veut susciter. Déjà, ce que nous avons pu constater, c’est qu’il y a une augmentation de la durée des peines. Peut-être qu’il y a des raisons à cela. La conséquence logique que nous voyons déjà, c’est que ça va provoquer une surpopulation carcérale et en l’état actuel des ressources de notre état, on se pose la question à savoir si on pourra faire face à cette situation « , s’interroge le porte-parole du GRAP. Les perspectives dont se nourrit le GRAP jettent les bases de solutions qui peuvent être envisagées en faveur de la protection des victimes et de la préservation des droits des détenus qui restent en cellules.

Mme Maminata Ouattara, ministre des droits humains et de la promotion civique au centre

C’est à sa juste valeur que Mme Maminata Ouattara, Ministre des droits humains et de la promotion civique apprécie cette association. « Nous ne pouvons que féliciter et encourager le GRAP pour cette initiative noble qui pose déjà cette problématique des droits humains en milieu carcéral surtout le respect de ces droits humains qui n’est pas toujours évident »  et de conclure « C’est vrai que le gouvernement ne peut pas tout faire dans ce domaine et nous avons besoin des associations telles le GRAP pour œuvrer dans ce domaine à renforcer la protection, la promotion et la défense des droits humains en milieu carcéral « .

 

Françoise Tougry Ouédraogo

 

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