Sauvegarder l’environnement :  une nécessité absolue pour les sites miniers

Sauvegarder l’environnement :  une nécessité absolue pour les sites miniers

 

En 2014, Arnaud Ghislain Rouamba fait ses premiers pas à l’Institut Supérieur de l’Eau, du Bâtiment et de l’Energie (ISEBE). Il choisit la filière Géologie et Mines. Après 3ans d’études, notre étudiant a soutenu en 2017 pour l’obtention de sa licence. Pour en savoir davantage sur sa formation, ce vendredi 25 janvier 2019, nous avons échangé avec lui autour de son thème « Le processus de restauration des sites miniers ». C’est tout naturellement qu’Arnaud Rouamba, s’est confié à nous.

 

ISEBE : Pourquoi avoir choisi la filière Géologie et Mines ?

 

Arnaud Ghislain Rouamba : Ce choix découle de mon intérêt pour les sciences de la vie et de la terre en voulant approfondir ce que je savais déjà depuis la classe de 4e. Durant les 3ans à ISEBE, j’ai appris tout ce que je souhaitais savoir, surtout ce qui concerne les sciences de la vie et de la terre d’une façon générale et aussi toutes les sciences connexes ; que les sciences environnementales découlent de la géologie minière, que l’exploitation des mines est liée à l’environnement, la nécessité de sauvegarder l’environnement et les dangers que cela peut amener quand on ne le fait pas.
Au cours de ma formation, ce qui m’a beaucoup plu, les enseignants sont très proches des étudiants. Ils sont à l’écoute des étudiants. Donc, les cours sont bien dispensés et on comprend parfaitement. Il y a la proximité. Ça, c’est en comparaison avec l’université de Ouagadougou où j’ai fait mes études auparavant.

 

ISEBE : En année de licence, votre mémoire a porté sur « Le processus de restauration des sites miniers ». Pourquoi un tel thème ?

 

Arnaud Ghislain Rouamba : Le choix de ce thème découle directement des différentes observations que nous avons eu à faire par rapport à d’autres pays qui avaient des mines, qui sont actuellement fermées et le constat n’est vraiment pas plaisant. Je me suis intéressé à cette période de l’après-mines pour inciter toutes les parties prenantes à jouer pleinement leur rôle pour une meilleure sauvegarde de l’environnement. En fait, la restauration regroupe des dispositions juridiques, matérielles et bien d’autres. C’est l’ensemble de tout ce qu’il faut faire pour redonner au site une allure naturelle.

 

ISEBE : Quelles sont les conclusions de votre recherche ?

 

Arnaud Ghislain Rouamba : Alors, la première analyse est qu’actuellement, nous avons au Burkina Faso 11 mines en productions et 4 en construction. Tout le monde est joyeux de voir ces mines en productions, qui génèrent des revenus très importants. Du coup, on n’a pas vraiment une projection assez lointaine pour anticiper sur les conséquences de l’exploitation des mines, sur les désastres que la mine peut causer si on ne prévient pas cela. En termes de désastres, l’exploitation minière cause d’énormes dégâts sur l’environnement. Toute une grande partie de la forêt est dévastée et pour les organismes qui vivaient dans cette zone, il y a automatiquement perturbation de la gestion de l’équilibre environnementale (l’écosystème). Le fait de faire remonter une grande quantité de terre avec les substances chimiques qui s’y trouvent notamment les sulfures, peut entraîner ce qu’on appelle le drainage minier acide. Cela contribue à détériorer davantage l’environnement. Ce sont les principaux dégâts causés à l’environnement.

 

ISEBE: Quand on sait que mener la recherche est souvent compliqué surtout pour un étudiant, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées sur le terrain ?

 

Arnaud Ghislain Rouamba : L’une des difficultés a été l’obtention du stage parce que la demande est très élevée et la seconde difficulté est la collecte des données, parce que les mines sont difficiles d’accès. Pour avoir des données concrètes sur ce qu’elles font, c’est vraiment très compliqué.
La première proposition que j’ai formulée à l’endroit des sociétés minières, c’est d’opter pour un quota plus élevé de stagiaires, former plus de stagiaires et surtout d’être ouvertes aux différents travaux de recherches qui contribuent au développement.

 

ISEBE : Quels processus faut-il donc mettre en place pour la restauration des sites miniers ?

 

Arnaud Ghislain Rouamba : D’abord, la restauration du site, comme beaucoup ont tendance à le penser, ne commence pas quand la mine se ferme. Mais, c’est bien avant même de commencer l’exploitation. Dès l’obtention du permis d’exploiter, le processus commence à partir de cet instant. Il faut établir un plan de fermeture et de restauration qui commence le 1er jour de l’exploitation. Il y a certaines mines qui peuvent opter pour la restauration à la fin ou plutôt la restauration progressive. On restaure le site au fur et à mesure qu’on l’exploite. Pour être très simple, pour faire l’exploitation minière, on creuse de très grands trous, des fosses, il faut après remblayer les fosses, remettre la terre végétable dessus et y planter des arbres. Pour faire la restauration, il faut aller vers les juridictions compétentes. Par exemple le BUNE, Bureau National des Evaluations Environnementales, le ministère de l’environnement, qui vont vous accompagner dans votre processus de restauration et aussi surveiller pour voir si dans le plan que vous avez déposé au départ et que vous exécutez, vous atteignez les objectifs que vous vous été fixés. Il y a des mesures coercitives qui sont prises. Si vous ne respectez pas le plan de restauration, et qu’il n’y a pas de raisons valables, il y a des sanctions qui peuvent s’en suivre, sanctions engagées par le ministère de l’environnement. C’est surtout des amendes qu’on vous fait payer parce que vous n’avez pas respecté un certain nombre de mesures sécuritaires.

 

ISEBE : Quelle a été l’appréciation du jury par rapport au mémoire ?

 

Arnaud Ghislain Rouamba : Dans l’ensemble, le jury a été satisfait. J’ai eu la chance d’avoir les félicitations du jury avec une note de soutenance de 18.5/20. La première qualité, les membres du jury ont apprécié la présentation du document. Ils disent qu’ils n’ont pas trouvé de fautes, à la limite une ou deux fautes. Et surtout le contenu du document. Ils disent qu’il est complet et la notion de restauration, je l’ai abordé sur tous les plans et ces appréciations ont été faites par monsieur Nicolas Kagambega (président du jury) qui est lui-même environnementaliste.

 

ISEBE : Où en êtes-vous après la soutenance ?

 

Arnaud Ghislain Rouamba : Après la soutenance, j’ai eu la chance de faire un stage de 3mois à la SEMAFO. Présentement, je suis toujours en quête de stage pour me rendre plus compétitif sur le marché de l’emploi. Je me suis intéressé au contrôle qualité. J’ai travaillé au laboratoire et la qualité au laboratoire, c’est une notion très sensible. Il faudra fournir des résultats très précis parce que la mine se base sur ces résultats-là pour prendre de grandes décisions, notamment en évaluation des teneurs et des réserves restantes. S’il y a des erreurs, la mine peut engager des dépenses pour exploiter des minerais et ne pas avoir finalement la quantité attendue. Là, c’est une grosse perte. Je me suis intéressé au contrôle qualité à cause de tous ces aspects.

 

ISEBE : A ce jour, quels sont vos projets ?

 

Arnaud Ghislain Rouamba : J’aimerais continuer avec le master. Mais en attendant, par contrainte financière, je suis en train de réunir la somme nécessaire pour poursuivre mes études.

 

ISEBE ; Peut-on d’ores et déjà solliciter vos services ?

Arnaud Ghislain Rouamba : Oui ! Sans doute !

 

Propos recueillis par Françoise Tougry

info@isebe-bf.com

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